Partager l'article ! Feuilleton du Vendredi - Partie 3 : Défoncée et fière de l'être...: Fanny est une adolescente de 16 ans en terminale 3 dans une petite ville ...
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Fanny est une adolescente de 16 ans en terminale 3 dans une petite ville de la campagne française. Habituée à passer inaperçu auprès de ses camarades de classe depuis des années, elle décide de s'intégrer en acceptant une invitation anodine à partager un joint avec un groupe de garçons de sa classe. Les effets apparaissant assez rapidement, elle décide de rentrer, et Jo se propose pour la raccompagner.
Nous étions déjà arrivés à mi-chemin quand je lui ai dit que je pouvais rentrer chez moi toute seule. Il m'a regardé, j'étais un peu mal à l'aise. Défoncée oui, mais dans ces moments là, où on expérimente des états seconds, on aime pouvoir garder son intimité. J'avais vraiment envie qu'il me laisse finir la route seule. De toute façon il ne me restait un peu moins d'un kilomètre, je pouvais très bien marcher sans l'aide de quelqu'un, je n'étais pas si mal en point que ça. Il m'a demandé si j'étais sûre de moi, j'ai aquiescé, et il est parti dans la direction opposée à celle que je devais suivre.
J'ai marché en regardant le sol pendant tout le reste du trajet, mis à part la seule fois ou j'ai du traverser la route. En arrivant devant la maison, j'ai vu Hugues qui attendait devant mon portail. Je suis restée quelques temps à l'arrêt, surprise de le voir là. Il faut dire que ma maison est assez loin du centre, et loin de la sienne aussi. Pourquoi s'est-il donné la peine de venir jusqu'à chez moi ? Il ne m'avait pas encore vu quand j'ai repris mon chemin. Je me suis donc dirigée vers lui. Il était en train d'écrire un sms, c'est surement pour ça qu'il ne m'a pas vue arriver. Je me suis plantée devant lui, tout sourire. Pas facile de contrôler ses émotions quand on est défoncé... Il m'a regardée dans les yeux, il savait obligatoirement que j'avais fumé, mais de voir mes yeux explosés l'a quand même surpris, je l'ai senti. Il m'a rendu mon sourire. Je fond quand je vois son large sourire et ses beaux yeux bleus. Je n'ai pas pu empêcher ma curiosité de parler pour moi.
- Qu'est-ce que tu fais là toi ?
- Je t'attends. Il a rangé son téléphone et il s'est avancé vers moi, les quelques mètres qui nous séparaient se sont alors transformés en quelques centimètres.
- Euh...
Je n'arrivais plus à bouger. Je n'avais jamais été aussi près de lui. Il sait pertinament qu'il me fait de l'effet depuis des années, j'en suis persuadée.
Il m'a pris la main. Le mieux dans ces moments là c'est de se taire. Mais moi, je suis incapable de me taire quand je suis mal à l'aise. Et là, ma main dans la sienne, lui si près de moi, j'avais de quoi être mal à l'aise. J'ai levé la tête, il mesure bien deux tête de plus que moi, du haut de mon mètre soixante-cinq, je ne suis pas très grande, et lui mesure un bon mètre quatre-vingt-dix.
- Qu'est-ce que tu fais ? Tu sais il est bientôt 18h, ma mère ne vas pas tarder, et je dois aller chez le médecin. Et là j'ai faim, j'ai soif, et j'ai très envie de m'allonger, en fait j'ai la tête qui tourne un peu...
C'est ce moment qu'il a choisi pour m'embrasser.
De surprise, j'ai reculé.
- Je croyais que je te plaisais...
Evidemment, sachant ça, c'est normal qu'il soit surpris de mon esquive.
- Euh... Oui tu me plais, mais je ne m'attendais pas à ça... Est-ce que tu es vraiment là ?
Il s'est mis à rire. Je l'ai imité, sans vraiment savoir si je vivais un rêve éveillé ou s'il avait bien posé ses lèvres sur les miennes quelques secondes plus tôt.
- Tu sais j'ai fumé un peu, et on me dit souvent qu'on trip dans ces cas là, alors je me demande si tu es vraiment là...
- Oui oui, je suis bien là, et au cas où tu en douterais encore, je viens bien de t'embrasser. Et j'ai très envie de recommencer.
J'ai délicatement retiré ma main de la sienne, et j'ai tourné les talons en direction de ma maison sans rien
ajouter. Il devait me regarder partir parce que je ne l'ai pas du tout entendu bouger ni parler. Mais là j'avais vraiment besoin de rentrer et surtout de m'asseoir. C'était trop pour une seule
journée.
En rentrant, je me suis ruée sur le réfrigérateur. Evidemment, rien de ce qu'il contenait ne me convenait. j'ai donc fouillé dans tous les tiroirs de la cuisine à la recherche d'un truc comestible. Au final, j'ai pris deux bananes et des gateaux aux céréales à l'origine prévus pour le petit déjeûner de ma soeur. J'ai une soeur, Camille, de 3 ans ma cadette. Nous nous entendons bien la plupart du temps. Dans toutes les fratries il y a des différents, personne ne peut affirmer ne s'être jamais disputé avec son frère ou sa soeur. Camille et moi sommes vraiment proches, par l'âge comme par les envies. Mais elle a le don de dépasser les limites de ma patience des fois, et pourtant je suis vraiment quelqu'un de patient... Je l'ai croisée, elle m'a regardé bizarrement, ou peut-être que c'était de la paranoïa, il parait que ça a cet effet là aussi l'herbe. Je lui ai à peine dit bonjour et me suis ruée vers ma chambre. J'ai apprécié mon lit plus que jamais, grignotant mes petits gateaux, et mes deux bananes. J'ai toujours une bouteille d'eau à proximité de mon lit, et là j'avais vraiment très soif, ma bouche était très pateuse. J'ai bu trois longues gorgées et je me suis allongée, fixant les nuages à travers la fenêtre. Et j'ai commencé à délirer. Dans le ciel je voyais des formes étranges, des personnages de dessin animé, Pinocchio, Dumbo, ...
Ma mère est arrivée quelques minutes plus tard (ou peut-être une heure plus tard je ne sais pas trop), je l'ai entendu, elle est montée et a frappé à ma porte. Elle n'a pas attendu ma réponse, est entrée et m'a demandé si j'étais prête.
A suivre...
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