Vivez mon quotidien, mes coups de gueule de tous les jours.
C'est vraiment terrible tout ça.
J'ai enfin compris ce qui n'allait pas chez moi. J'ai découvert la raison pour laquelle je ne vais pas bien alors que tout me réussit, que la vie me sourie, que le bonheur me tend les bras, j'ai compris ce que j'avais mais je ne sais pas comment y remédier.
Je souffre d'empathie.
J'ai développé cette empathie lors de ma relation avec Maxime et depuis elle s'accentue de plus en plus, et ces derniers temps elle m'empêche de vivre pleinement mes relations sentimentales. En effet, Benjamin est un garçon très gentil, que j'apprécie énormément, mais que je me refuse à tromper de peur de lui faire de la peine, et pourtant je m'apprête à le tromper avec Guillaume chez qui je vais passer le week end. Guillaume que je me refuse également à tromper officiellement avec Benjamin. Enfin bref, je refuse de leur faire du mal à chacun d'entre eux, et pourtant je ne peux pas m'empêcher de les voir, ils sont tellement biens, tellement gentils, ils sont tellement prévenants avec moi, nous discutons de plein de choses, et j'aime passer du temps dans les bras de Benjamin, et j'aime passer du temps au téléphone avec Guillaume. Mais je ne supporterai pas d'en voir un triste, je ne supporterai pas d'en voir un déprimé, tout comme je ne supporte pas de voir mon amie Stéphanie déprimée et foutre ses études en l'air à cause de je ne sais quel sentiment amoureux qu'elle peut éprouver encore pour son ex. Cette empathie s'est également insinuée dans mes relations sociales, amicales, je ne peux pas m'empêcher de souffrir pour les autres, qu'il s'agisse de Stéphanie ou d'Alexandre, de ma petite soeur ou de mon père, je ne peux pas m'en empêcher, c'est plus fort que moi, je dois me mettre à leur place. Ils sont tellement tristes parfois dans leurs propos, ils donnent l'impression d'éprouver tout le malheur du monde, et moi évidemment je ne peux pas m'empecher de les plaindre, de me mettre à leur place et de souffrir pour eux, et parfois plus qu'eux, c'est ça mon soucis aujourd'hui, et c'est une raison au ssi pour lesquelles Maxime et moi nous sommes séparés, j'avais tendance à l'étouffer avec toute cette empathie que j'avais rien que pour lui, le pauvre, il a dû être submergé de sentiments. Je ne me fais pas encore suivre par un psy, mais je pense que ça ne devrai pas tarder, à force d'éprouver autant de sentiments de peine aussi profonds je fais finir par craquer et retomber dans la dépression.
J'ai perdu du poids à cause de ma rupture et depuis je n'ai pas réussi à le reprendre, je parais anorexyque aux yeux de mon entourage, et aujourd'hui je me sens insultée quand on me traite de maigre, parce que je le suis. Personne ne viendra me dire que j'ai un gros cul parce que ce n'est plus le cas, j'ai un fessier limite inexistant. Je peux me vanter d'avoir atteint les 90-60-90 idéaux. Seulement je préférerai être un peu plus grosse. Et c'est dire si je me gave, je mange des céréales et du lait au petit déjeuner, un repas équilibré au déjeuner, je me débrouille pour manger au restaurant universitaire avec les gens de la classe d'Alexandre, et le soir je mange avec ma famille un repas plutot simple et léger. Hier j'ai mangé steak frites à midi et ravioli en gratin le soir, et en général le midi c'est pizza au restaurant universitaire, donc je mange beaucoup, pas forcément équilibré, mais beaucoup, je me gave de cochonneries, du genre barres chocolatées en tous genre set bonbons pour passer l'envie de la clope, et le fait d'arrêter de fumer devrai me faire prendre un peu de poids, que dalle !
Je pratique encore du sport un minimum, et je bouge dès que j'en ai l'occasion, je passe beaucoup de temps à travailler sur mes cours mais je passe aussi du temps avec mes amis, j'ai plusieurs vies sentimentales passionnantes, une vie sexuelle épanouie, du coup ça compense avec la bouffe et je ne prend pas un gramme.
Du coup, aujourd'hui il m'est complètement défendu de porter du noir au risque de paraître encore plus maigre que je ne le suis, alors je peux dire adieu à ce magnifique petit pantacourt noir que j'adorais porter avec mes bottes, et je peux dire aussi adieu à ce joli petit pull des cotoniers qui m'allait super bien. Non, fini le noir, aujourd'hui c'est couleur oblige, je n'ai pas le choix, et comme je n'ai presque plus de vêtements colorés, je suis un peu emmerdée. Toutes mes fringues me sont trop grandes, il me reste très peu de vêtement à ma taille. Je devrai aller faire les magasins mais je n'ai pas les moyens, donc je vais trouver un job, et donc perdre du poids... Ah la la, que de soucis, petits soucis existenciels dans ma petite vie...