Un job de merde.
J'ai commencé mon job d'été le 16 juin. J'en ai pour jusqu'au 31 août, ce qui veut dire encore 64 jours en comptant aujourd'hui. 64 jours où je vais bosser de 5h30 à 12h sans pause pour manger. 64 jours de dur labeur pour gagner quoi ? Des clopinettes. Mais c'est aussi encore 64 jours avant de reprendre le chemin de l'école. Et c'est vrai que je ne suis pas si pressée que ça. Je suis pourtant enthousiaste à l'idée de finir mon travail, et de pouvoir enfin me payer un ordinateur portable, une veste en cuir, et qui sait, si j'ai assez, le permis moto !
Lundi après-midi, j'ai rendez-vous avec Léonard, mon collègue de boulot, qui a enfin décidé de m'inviter boire un café en ville. Il est adorable, et j'avoue que je suis très brusque avec lui, mais bon, il a quand même réussi par prendre son courage à deux mains et m'inviter. C'est mignon. Mais je sais qu'il ne se passera pas beaucoup plus. Je n'ai pas envie de vivre quelque chose en ce moment avec quelqu'un. J'aimerai me poser un peu, garder ma liberté, ressentir ce que j'ai envie pour qui j'ai envie, et laisser les choses se faire. Je ne forcerai pas la main de qui que ce soit, je laisse aller, et on verra où ça me mènera. Si ce jeune homme est si bien, alors peut-être que je ferai un peu de chemin avec lui, mais je n'irai pas trop loin, je suis trop bien libre comme l'air.
Je discutais l'autre jour de mon avenir, et je me suis apperçue que de toutes façons, quoi qu'il arrive, si je suis avec quelqu'un, il faudra qu'il m'attende, qu'il ne soit pas toujours derrière moi. J'ai une carrière à faire avancer, j'ai des choses à mettre en place avant de pouvoir enfin me poser en couple, et quand ce sera le cas, j'aurai encore des choses à faire loin de mon domicile. Celui qui m'aimera devra être capable de se passer de moi en restant fidèle. Oui, j'espère la fidélité, parce que moi je veux l'être, et je ne veux pas que ce soit à sens unique.
J'ai encore une année à passer à L******, je vais finir cette année, passer mon diplôme, partir en stage 3 mois à l'étranger, et à mon retour, je fais mes cartons et je retourne à M**. Ma mère a été contactée par un responsable culturel pour prendre la direction d'un pôle culturel à M**, elle aura confirmation en juillet, ou bien en août, et devrai quitter S* J***** pour janvier. Ce qui implique que tout ma famille va la suivre à la fin de l'année scolaire, en juin, lorsque ma soeur Clémentine aura passé son bac. Je vais suivre le mouvement, puisque je n'ai plus rien à faire à L******, et donc aller au conservatoire de M**. C'est Véronique qui va être heureuse de me revoir ! M** !!! Mon père quant à lui saura en juillet si dans trois ans il touche le big pactol, et jusque là, est coincé à LaS pour encore les trois prochaines années. Il va certainement voyager énormément, et rien ne l'empêche de venir nous retrouver de temps en temps dans notre petite maison de M**...
En ce qui concerne Maxime, je suis désolée de m'appercevoir que ça ne me mène à rien. Je l'aime, mais je ne vais pas l'attendre. Il me manque, j'ai besoin de lui, j'ai envie d'être avec lui, j'ai envie d'être à lui, mais il n'a pas du tout envie que nous vivions quelque chose de concret. Alors voilà, deux mois sans lui, deux mois pendant lesquels il va certainement rencontrer quelqu'un, et même si ce n'est pas le cas, je dois dors et déjà me résoudre à laisser tomber, pour mon bien et celui de mes proches qui en ont marre de me voir triste, malade et déprimée. Ce n'est pas si simple quand je sais qu'il a envie de retourner aussi à M** et que j'y serai. D'ailleurs c'est là-bas qu'il y passe l'été, et qu'il y passera l'été prochain également. Mais vivre avec lui, non, jamais, plus jamais je ne vivrai avec lui, je ne vivrai avec personne avant d'être réellement sûre d'être prête à le faire. Avec Maxime, nous n'étions pas prêts, pas prêts du tout ! Il avait besoin de liberté, et moi aussi, nous n'avions jamais vécu seuls, et nous n'avions pas eu le temps de nous épanouir correctement dans notre liberté. Mais peut-être un jour ... De toutes façons, cela n'est absolument pas d'actualité, même si nous nous voyons tous les deux, chacun de notre côté bien entendu, mais au même endroit, dans une maison, en haut d'une crête, au bord de la mer, avec une plage privée... C'est son rêve à lui, mais c'est aussi mon rêve à moi, depuis toujours, mais voilà, nous ne serons pas ensemble, c'est con, nous aurions pu la partager cette maison ! Je suis trop bête, j'ai l'impression de tout gacher encore avec mes conneries là. Je le garde avec le sexe, je ne me met pas en valeur de cette manière ! Mais j'aime tellement être avec lui, dans ses bras, j'ai l'impression qu'il ne peut rien m'arriver quand il me serre contre son coeur, j'ai l'impression que rien ne peut être mieux que ces moments là. Je sais qu'il y en aura sûrement d'autres, avec quelqu'un d'autre, mais lui, c'est l'amour de ma vie ! Les gens ne comprennent pas à quel point je l'ai aimé, et à quel point je l'aime encore, même lui ne comprend pas combien je l'aime. Il m'a rendu tellement heureuse, et pourtant il m'a rendue tellement triste aussi, mais je suis capable de tout lui pardonner tellement je l'aime. C'est dans le vent je le sais, il sait tout ça et ça ne change rien. Mais je me sens bien avec lui, et quoi qu'il fasse pour me faire plaisir ça me rend heureuse, même si c'est des trucs tous cons, les pailles d'or l'autre fois, c'étais que dalle, et les gateaux apéros que je préfère, rien du tout, le ciné, les pizzas, des petites attentions qu'il a des fois, c'est pas grand chose, mais moi ça me rend heureuse, j'étais heureuse. Je ne sais pas quoi faire pour qu'il le comprenne, je voudrai lui rendre la pareille, mais je ne sais pas quoi faire. Et puis maintenant c'est trop tard, c'est fini, tout est fini.