Voilà, il fallait bien que ça arrive un jour...
Je sors de chez le médecin, il m'a prescrit des anti-dépresseurs, parce que je déprime. Oui je déprime, et ce n'est pas qu'une façon de parler. Il m'a dit que je devais les prendre sans faute tous les jours pendant un mois d'abord, et prendre rendez-vous avant la fin du traitement pour en parler à nouveau et voir quel traitement je dois continuer. Il m'a dit que ces médicaments mettraient dix jours à agir et que d'ici là, je devrais retrouver l'appetit, mieux dormir et arrêter de pleurer, mais quand ça ira mieux, je dois continuer à les prendre. J'ai 21 ans et je suis sous anti-dépresseurs. Ceux qu'il m'a prescrit sont léger, enfin ils ne provoquent aucune accoutumance, mais rien que le fait de savoir que ce sont des anti-dépresseurs ça me fait encore plus déprimer. Je me dis que j'en suis arrivée là à cause de conneries, à cause d'une histoire sentimentale foireuse, d'une carrière sans lendemain, d'une vie merdique et d'un comportement encore plus merdique. Je me dis que vraiment, au point où j'en suis, je ne peux pas tomber plus bas. Mon médecin a été très gentil, il m'a écouté lui expliquer tout ce qui m'arrivait, lui raconter mes déboires sentimentaux et mes déboires professionnel, il m'a écouté, posé des questions judicieuse, et je n'arrivais pas à lui parler sincèrement sans retenu, parce que pour une fois, une personne s'intéresse réellement à mon cas, sans attendre en retour que je m'intéresse au sien. Alors ça m'a fait du bien, je suis sortie du cabinet les yeux gonflés, et en arrivant à ma voiture, encore une fois, je me suis lachée, j'ai pleuré un bon coup, et ça m'a fait du bien. C'est vrai que c'est bien de pouvoir en parler à quelqu'un qui n'attend rien en retour, de pouvoir en parler sans retenue, de pouvoir tout vider et de répondre aux bonnes questions. J'ai besoin de ça, j'ai besoin de pouvoir en parler.
Il en est ressorti plusieurs choses. D'abord, je répète mon attitude que j'ai eue avec Maxime quand il m'a larguée avec Baptiste, je fais exactement les mêmes erreurs, je suis la même personne face à une situation similaire. Ensuite, c'est quand je me suis totalement détachée de Maxime et que je me suis attachée à Baptiste qu'il n'a plus voulu de moi. Alors comment faire pour passer d'une rupture difficile à peine soignée à une autre rupture aussi difficile sans en souffrir ? Je suis obligée de souffrir, c'est vrai ! A peine je passe à autre chose que ça me retombe dessus, je n'avais vraiment pas besoin de ça, surtout en ce moment. Ajoutons à ça que je suis en pleine période de doute professionnel, que je ne sais pas ce que je vais devenir dans 3 semaines, que je me cherche et que je ne trouve pas vraiment d'issue possible à ma carrière professionnelle, que je vois tout d'un oeil très négatif, que je ne sors pas, que je bois beaucoup, que je fume deux fois plus aujourd'hui qu'il y 2 mois, que je n'arrive pas à positiver, et que je ne vois personne à part deux ou trois amis de temps en temps, pour la simple et bonne raison que je ne supporte personne...
Oui, je souffre, oui je déprime, oui je passe des moments difficiles, et non ce n'était pas le moment de me faire subir encore une fois une rupture de merde. A peine remise et je replonge direct. Je savais qu'il ne fallait pas que je sorte avec lui, que c'était trop tôt, que je tomberais amoureuse et que je serais trop mal s'il me quittait, et ça n'a pas loupé. Alors me voilà, sous anti-dépresseurs, pour une durée encore indéterminée, incapable d'arrêter de pleurer, incapable de faire quoi que ce soit de positif. Alors voilà. C'est ce qui ne devait pas arriver, et c'est arrivé. Baptiste m'avait promis qu'il ne me ferait pas souffrir, et résultat, il m'a fait plus de mal que de bien. J'aurais dû me méfier beaucoup plus de toutes ses promesses. J'aurais dû me méfier après Maxime, et savoir que ça ne pouvait pas marcher. Et le fait d'ouvrir les yeux la-dessus c'est bien. De se poser enfin les bonnes questions, de réfléchir avec les bonnes pistes de réflexion, de penser aux choses qu'il faut.
Mon médecin m'a dit que je devrais réfléchir, qu'une fois rentrée je penserai à notre entretien, que ça me fera avancer et pas stagner comme c'est le cas en ce moment. Je dis mon médecin, parce que c'est mon médecin traitant, et non un psychologue, mais il fait tout de même office de psychologue, il m'a écoutée comme jamais on ne m'avait écoutée. Et il m'a demandé où j'en étais avec la cigarette, et je lui ai dit que je ne pensais pas trop arrêter ces temps-ci, et il m'a dit qu'en effet, ce n'était pas trop le moment.
Mais les affaires reprennent, demain je vais faire de la figuration, je viens d'être contactée pour venir demain matin sur un tournage, et ça va me faire du bien...
Ca n'empêche que tout ça, ça me fait vraiment me dire que je suis une belle conne d'avoir cru une seconde que je pouvais sortir de mes soucis sentimentaux en commençant une histoire avec Baptiste.
Je suis une belle conne d'avoir cru qu'il me ferait pas souffrir comme il me l'avait promis.