Aujourd'hui ça va mieux...
Mais je suis passée par une sale période...
Dimanche dernier, j'ai passé une autre soirée avec Alexandre et Antoine, plus alcoolisée que la première, plus méchante que la première, et plus drôle aussi. Et puis mardi, je suis allée en ville avec Antoine, et j'ai fini la soirée avec des inconnus à 6 heures du matin, complètement bourrée. J'ai distribué mon numéro de téléphone à tout le monde, j'ai rencontré un mec très gentil, très mignon, que je vais retrouver à M** à la fin du mois.
Mais cette semaine, j'ai récidivé, j'ai refait une tentative de suicide, et encore une fois je me suis loupée, je me suis arrêtée suffisamment tôt pour ne rien regretter. En fait, j'ai envoyé des messages assassin à Baptiste, parce qu'il ne me répondait pas, et parce qu'il ne me répondait pas, ou m'envoyait me faire fouttre, j'ai recommencé mes conneries, chopé une lame de rasoir, et tailladé mon poignet. Je suis allée plus loin que la dernière fois, il était 4 heures du matin, je venais de lui envoyer un message, et il ne me répondait pas, je n'arrivais pas à dormir, je me suis réveillée en pleurs, je n'arrivait pas à surmonter tout ça. Et puis j'ai repris conscience de mes actes et arrêté mes conneries.
J'ai fini mon mémoire dans les temps, je l'ai rendu, récupéré quelques notes, retrouvé quelques amis, prévu quelques soirées.
Et ce week-end, je suis allée à LaS, ça faisait des années que je n'y avais pas remis les pieds. Et j'ai vu Sandrine, qui sortait à peine de l'hôpital, et elle m'a expliqué ce qui lui est arrivé. En fait elle a bien fait une tentative de suicide, mais elle a aussi fait une crise de délire et à parcouru 400 bornes en voiture sans savoir ce qu'elle faisait. Enfin elle a fait pas mal de conneries, et elle a été très mal soignée dans un hôpital de campagne.
Et à LaS j'ai revu Hubert, mon ex, celui que j'aimais quand j'étais au collège, avec qui je suis sortie au lycée, et avec qui j'ai couché, mon premier... Il m'a expliqué qu'il s'en voulait de l'attitude qu'il a eu avec moi à l'époque, il faut savoir que c'est en partie à cause de ce connard qu'aujourd'hui je maltraite les hommes. Et on a pas mal discuté, et je lui plaisais, mais je lui faisais peur, et il était trop jeune pour réfléchir à ce qu'il me faisait subir. Il s'est excusé, je lui ai dit que c'était un connard, et il n'a fait qu'acquiscer.
J'ai aussi vu Jimmy, un des premiers avec lesquels j'ai couché, il sort avec une copine, une nana que j'ai rencontré aux mouvements étudiants, une fille que j'aime bien, et j'ai prévenu Jimmy de faire attention à ce qu'il faisait avec elle, parce qu'elle est sacrément bien entourée.
Et puis j'ai vu Rodolph, le beau Rodolph, le canon, le mec le plus beau que je n'ai jamais rencontré, le mec le plus beau du collège à l'époque, le mec dont toutes les nanas rêvent un jour, celui qui un soir d'une grosse soirée chez moi est entré dans ma chambre et m'a fait l'amour comme on ne me l'a jamais fait, je l'ai revu, et j'ai passé la soirée avec lui, et à la fin de la soirée on s'est embrassé. Ca n'a été qu'un simple baiser, rien de plus, pas de sous-entendus, pas d'envie sexuelle, juste un baiser, tendre, doux, agréable, qui m'a remonté le moral un truc de dingue. Il embrasse comme un dieu, il est vraiment trop bien ce mec, et j'ai son numéro de téléphone maintenant. Et pour la première fois depuis des mois, je me suis endormie avec le sourire. Même si je me suis réveillée en larmes deux heures plus tard... Mais ce baiser m'a ouvert les yeux, non seulement je n'ai pas besoin de Baptiste, qui me traite comme de la merde et me sous-estime complètement, qui m'envoie chier tout le temps et m'en veux pour des conneries à chaque fois, qui ne me comprendra jamais et ne comprendra jamais personne même pas lui, mais en plus de ça, je suis une femme bien, jolie, et je mérite mieux que ça, je mérite mieux qu'un homme qui ne respecte rien, je mérite quelqu'un qui me respecte. Rodolph m'a respectée en ne m'emmenant pas dans son lit samedi soir. Et quand il m'a embrassée, j'ai senti les papillons dans le bas du ventre, je me suis sentie m'envoler, j'étais heureuse, ou très proche du bonheur. Je n'ai pas ressenti ça depuis des mois... Même avec Baptiste je ne ressens plus ça, je ne sais pas si je l'ai déjà ressentie d'ailleurs avec lui. Je suis mauvaise langue, bien sûr que s'il m'embrassait je le ressentirais, mais plus rien ne se passera avec Baptiste, plus rien...
Alors non, je n'ai pas de copain, je n'ai pas d'amoureux, j'en ai beaucoup de potentiels, mais je n'en ai pas envie, pas maintenant, ce n'est pas que j'attends après Baptiste parce qu'il ne reviendra pas vers moi et qu'il ne me mérite pas, non, ce n'est pas ça, c'est juste que je ne veux pas, je ne veux pas souffrir comme j'ai souffert avec Maxime, avec Baptiste, je ne veux plus souffrir, je veux me concentrer sur moi, sur ma vie, et arrêter de vouloir être en couple, être heureuse. Bien sûr, j'ai besoin de sexe, et je ne coucherai pas avec le premier venu, non, pour ça j'ai encore de la ressource, même si j'aimerais bien que ce soit avec Baptiste, et que pour le moment je ne l'ai pas fait depuis deux semaines, et que ça commence à me manquer sérieusement... Mais j'en ai ma claque de toujours souffrir à cause de ces connard, de toujours être prise pour une conne, de toujours subir les mêmes histoires, les mêmes abrutis qui ne savent pas ce qui veulent, de toujours devoir prendre sur moi et assumer mes choix, de toujours supporter de me faire larguer par des mecs qui m'ont fait croire des choses, de toujours les croire et de ne jamais être satisfaite.
J'en ai marre, j'en ai marre, Baptiste m'a prise pour une conne, il m'a larguée parce qu'il avait peur que je le fasse souffrir, parce qu'il n'était pas prêt, parce qu'il était jaloux, parce que je l'étouffais, il m'a fait souffrir comme jamais, a déclenché chez moi une dépression dont j'ai du mal à voir la fin, il m'a lâchée au moment ou j'avais le plus besoin de lui, il m'a laissée tombée et m'a oubliée, il m'a sortie de sa vie quand j'ai tenté de me tuer, et il m'a envoyée me faire fouttre quand j'ai appris pour le cancer de ma grand-tante, il ne m'a pas soutenue quand ma meilleure amie était à l'hôpital, il m'a vraiment laissée tombée.
Heureusement Maxime était là, répondant toujours à mes appels, me remonter le moral, me dire que ça va s'arranger, me parler d'autre chose, me dire que la vie est relative, que des fois ça va des fois ça va pas, me faire penser à autre chose qu'à mes petits soucis insignifiants. Heureusement Charles était là, lui aussi, il m'a remonté le moral, il m'a dit que Baptiste était une connard. Heureusement Antoine et Alexandre étaient là aussi, ils m'ont aidé à penser à autre chose, heureusement qu'ils étaient là eux aussi. C'est sûr que c'est pas avec Baptsite que j'aurais pu m'en sortir. Quel connard, m'envoyer me faire fouttre alors que je suis en train de me couper le poignet, me rendre encore plus mal que je ne suis déjà... Il n'a pas arrangé les choses, et n'arrangera jamais les choses, il est trop lâche pour s'excuser, il s'en fout de moi, il s'en fout que je n'aille pas bien, il s'en fout complètement que j'ai besoin de soutien, lui tout ce qui lui importe c'est sa petite personne, et surtout, que je ne l'emmerde pas... Tout ce qu'il retient c'est mon attitude avec lui, mais il ne se demande même pas pourquoi j'ai cette attitude... Lui il s'en fout. Tout ce qui compte c'est le résultat pour lui, et pas du tout les conséquences des ses actes, pas du tout les raisons de ma colère, lui il s'en tape. Il me fait encore pleurer. Mais pourquoi ? Merde ! Je sais très bien que c'est un con, qu'il ne me mérite pas, qu'il me rend malade, mais pourquoi est-ce que je l'aime encore ?
Je vais prendre rendez-vous avec un psy, là, et je vais entamer une thérapie, comprendre comment j'en suis arrivée là aujourd'hui, comprendre pourquoi je vais aussi mal, et m'assurer que ce n'est pas seulement à cause de Baptiste, comprendre la raison sous jacente. Il est temps que je me reprenne en main, mes parents s'inquiètent tellement qu'il ne veulent pas m'installer les plaques de gaz dans ma cuisine... Et j'arrête de fumer, aujourd'hui, c'est décidé. Nous sommes lundi et je n'ai plus de clope, c'est le moment rêvé !