En fait, ma vie n'est pas si nulle que ça...
Je suis allée avec Sandrine au commissariat de police, et je conseille à tous les dépressifs anonymes d'y passer au moins une heure, dans la salle d'attente, un après-midi comme aujourd'hui. Vous verrez alors toute la misère du monde dans les yeux de chaque personne qui y entre. Et moi avec mon histoire d'amour foireuse, moi je déprime alors qu'il n'y a pas de raison, un homme ne m'aime plus, je suis la personne la plus triste de la Terre, mais je ne devrais pas être aussi mal quand on voit tout ce qu'il se passe autour de nous. Ca ne m'a pas empêchée de pleurer toute les larmes de mon corps une fois rentrée, seule, devant mon plat de lasagnes...
Je ne pense pas avoir dit ce que j'ai fait lundi soir. J'ai beaucoup bu, j'ai embrassé encore des inconnus, j'ai flirté avec un ami, j'ai saoulé plein de gens, et j'étais moi même saoule. Mais je n'ai pas couché avec qui que ce soit.
Cette nuit j'ai rêvé que j'apprenais à tirer avec un révolver. J'étais douée. Depuis des jours et des jours je me dit que pour palier à ces ennuis financier je devrais braquer une banque, que c'est le seul et unique moyen de venir à bout de cette bérésina. Un jour je le ferais, pourquoi pas, braquer une banque ce n'est pas si sorcier, il suffit d'avoir tous les outils, un bon informaticien, et une bonne organisation. Je devrais en être capable.
J'ai arrêté de pleurer, je crois qu'au fond il fallait que ça sorte...
En revanche, je tremble, de haine, de tristesse, de rage, de fureur, je tremble et je n'arrive pas à me calmer, il y a des moments comme ça ou il est nécessaire de pleurer, mais lorsque personne n'est là pour vous réconforter c'est très dur...
Je serais patiente, je serais seule, je l'attendrais, il n'a qu'à me le demander et je le ferais pour lui. Mais il ne m'aime plus, enfin c'est ce qu'il dit. Je suis persuadée du contraire.